POUR UNE PRISE EN CHARGE MATERIELLE ET FINANCIERE DES EGLISES D’AFRIQUE


non chrétiens (1Co10, 32-33).[31] Pour que l’aide des laïcs soit efficace, il faut qu’ils soient considérés comme de véritables collaborateurs et non des simples exécuteurs des décisions venant de l’administrateur ou d’une personne juridique. C’est grâce à cette considération que les laïcs se sentent valorisés et seront encouragés à participer à la vie de l’Eglise dans son ensemble.

Le clergé africain  doit se libérer d’un certain héritage culturel qui l’éloigne de l’idéal de la vie économique. La réalité culturelle est telle que chaque famille ayant un prêtre considère ce dernier comme une source de revenu. Il devient ainsi le premier pourvoyeur des besoins de la famille voire de toute sa tribu. De ce fait, il est temps d’éduquer les familles à la connaissance de l’appartenance du prêtre à sa nouvelle famille, l’Eglise. Le prêtre a le devoir de bien gérer le patrimoine religieux ; la famille n’aura aucune préhension, ni présomption sur les biens de l’Eglise. De ce fait chaque Eglise aura son conseil des affaires économiques. Que les prêtres africains adoptent des projets simples selon leur possibilité. Qu’ils acceptent de vivre selon les moyens qu’ils ont et qu’ils évitent de faire croire aux gens (aux fidèles) qu’ils sont riches, alors qu’ils n’ont pas de moyens suffisants pour subvenir à leurs besoins. Ils doivent apprendre à s’humilier  et reconnaître que leur vie dépend des différents dons des fidèles. Ils apprendront aussi à travailler de leurs propres mais.

Outres les dons de l’étranger, les honoraires des messes, les différentes quêtes et taxes instaurées, les Eglises d’Afrique en général, n’ont pas de sources sûres de revenus. Jusque là nous dirons que les Eglises d’Afrique n’ont pas de grands projets pouvant leur fournir tout ce dont elles ont besoin. Tous les efforts en vue d’une prise en charge matérielle s’émoussent dans les besoins de première nécessité et le fonctionnement de leurs Eglises. Comment alors peuvent-elles entreprendre de projet à grande taille ? Laissons le temps au temps ! La réalité politique africaine est telle à ne pas  favoriser la stabilité économique et l’émergence de projet de financement. Il serait intéressant de s’investir d’abord dans les projets pouvant combler les besoins de première nécessité. Néanmoins, le champ d’action pourra s’élargir. Il faut trouver ensuite une manière d’évangéliser l’espace politique en vue de l’instauration des structures capables de favoriser une économie stable et le développement des petites et moyennes entreprises. C’est quand la politique économique du pays est stable que le niveau de vie de la population (chrétiens et  églises y compris) sera stable et élevé.


Conclusion

 

Notre travail a développé trois parties. La première partie présente un bref aperçu de l’implantation de l’Eglise en Afrique. Cette partie évoque différentes étapes de l’implantation dès l’arrivée des missionnaires blancs[32] et leur mode d’action, en passant par leur nécessité de vouloir former un clergé local en vue de la création d’une Eglise particulière. L’Eglise s’est implantée en Afrique, car il n’existe pratiquement aucun diocèse gouverné totalement par les missionnaires. Par ailleurs, cette implantation a eu comme conséquence la dépendance totale des Eglises d’Afrique. Parce que tous les moyens venaient d’ailleurs.

La seconde partie présente une Eglise ayant un statut d’Eglise particulière mais qui porte les conséquences de la méthode de son implantation. Incapable de se prendre en charge, les Evêques des Eglises nouvellement créées, ayant pris connaissance de la situation, éveillent les consciences et  suscitent à l’engagement et à la prise en charge matérielle et financière des Eglises par tous ses membres.

La dernière partie est une piste des résolutions à la question évoquée par notre problématique. Elle évoque également la question de l’engagement et de l’implication des laïcs dans la vie et surtout dans la gestion de l’Eglise dans son ensemble.

En définitive, nous dirons, il faut que les Eglises d’Afrique se prennent en charge matériellement et financièrement. Il faut que tous laïcs et prêtres s’engagent. Les Eglises d’Afrique ne doivent plus se contenter des revenus traditionnels notamment les deniers de culte, les casuels, les différentes quêtes, les procures hôtels et autres. Il faut que les diocèses en général et les paroisses en particulier créent de sources modernes génératrices des revenus comme des menuiseries, des garages, des plantations, … dans le but de l’autofinancement.

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

A. Sources

 

BIBLE DE JERUSALEM, Cerf, Paris, 1999.

 

B. documents du MAGISTERE

 

concile Vatican II, Cerf, Paris 1994.

CODE DE DROIT CANONIQUE, Edition bilingue et annotée, Wilson & Lafleur Itée, Montréal, 1990.

Jean Paul II, Exhortation apostolique Ecclesia in Africa, 14 septembre 1995.

——————,  Encyclique Redemptoris Missio, 7 decembre 1990.

LINEAMENTA de la seconde assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Afrique : L’Eglise au service de la réconciliation, de la justice et de la paix : « Vous êtes le sel de la terre … vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-14), Cité du Vatican, 2006.

Matondo K N, Construire ensemble l’Eglise, lettre pastorale sur l’Eglise locale et finance, Edition diocésaine, Basankusu (Zaïre), 1985.

 

C. Ouvrages

 

Babé A, Eglise d’Afrique ! De l’émancipation à la responsabilité, Academia et Bruyant, Belgique, 1998.

Cheza M, Le synode africain, Histoires et textes, Karthala, Paris, 1996.

Ela J M, Le Cris de l’homme africain, Questions eux chrétiens et aux Eglises d’Afrique, Karthala, Paris, 1980.

————–,  Ma foi d’Africain, Karthala, Paris, 1985.

Emong J M, Le porteur de cornes, Monseigneur Albert Ndogmo (1925-1992), Les éditions africaines, Yaoundé, 1990.

Eoné Eoné O, La paroisse et les conseils paroissiaux, Droit et pastorale, coll. ‘’ les publications de conseil scientifique’’ n° 37,  Département de droit  canonique, ‘’Cahiers de droit ecclésial’’ n° 7, Presse de l’UCAC, Yaoundé, 1999.

Hebga M, émancipation d’Eglises sous-tutelles, Essai sur l’Ere post-missionnaire, collection culture et religion, Présence africaine, Paris, 1976.

kalamba mutanga, La dépendance matérielle des Eglises du Zaïre et les perspectives de leur « autofinancement graduel », Essai critique  d’ecclésiologie africaine, Publication universitaires africaines,  Kinshasa-Munich, Kinshasa, 1993.

Kalamba Nsapo, Les ecclésiologies d’épiscopats africains subsahariens, Essai d’analyse de contenu, édition société ouverte, Bruxelles, 2000.

Mendewale J A, Christianisme africain, Une fraternité au-delà de l’ethnie, Karthala, Paris, 1987.

Messomo Ateba, Enjeu de la seconde évangélisation de l’Afrique noire, Mémoire blessée et Eglise du peuple, l’Harmattan, Paris, 2005.

Mongo Beti, Le pauvre Christ de Bomba, Présence africaine, Paris, 1976.

Mveng  E, L’Afrique dans l’Eglise, Paroles d’un croyant, L’Harmattan, Paris, 1985.

Penoukou E-j, Eglise d’Afrique, Propositions pour l’Avenir, Karthala, Paris, 1984.

Recchi Silvia, Autonomie financière et gestion des biens dans les jeunes Eglise d’Afrique, Centre d’études Redempor Hominis, Imprimerie Saint Paul-Yaoundé, Yaoundé, 2003.

Sigié J.M, Paroisses et administration des biens, Un chemin vers l’autosuffisance des Eglises d’Afrique, l’Harmattan, Paris, 2007.

 

D. OUVRAGES COLLECTIFS

 

ACERAC, Pour une meilleure gestion des biens dans nos Eglises d’Afrique centrale, VIIIe assemblée plénière, Bangui, 2008.                                      

Semaine théologique de Kinshasa, L’évangélisation dans l’Afrique d’aujourd’hui, Faculté de théologie de Kinshasa, Kinshasa, 1980.

 

 

E. Revues

 

Ludiongo A.L.E., Perspectives économiques des Eglises africaines du 3e milliaire selon livre V du code de droit canonique, in Collectif, Quelle Eglise pour l’Afrique du 3e millénaire ! Contribution au synode spécial des évêques pour l’Afrique, semaine théologique de Kinshasa, Kinshasa, 1991.

Manhaeghe E, ‘’Les Eglises familles de Dieu’’ et solidarité financière, in Telema n° 2/94, 1999.

Spiritus n° 129, Finance et économie, décembre 1992.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TABLE DES MATIERES

 

 

Introduction.. 1

CHAPITRE I.  L’IMPLANTATION DE L’EGLISE EN AFRIQUE. 2

1. ETAPES DE L’IMPLANTATION.. 2

2. l’activité missionnaire. 3

3. LE SYSTEME DE COMMISSION ET SA SUPPRESSION. 4

4. LES RESSOURCES FINANCIERES DES INSTITUTS MISSIONNAIRES. 5

CHAPITRE II  L’Episcopat africain face au problème. 8

1.  Le problème qui se pose. 8

2. La reaction de l’episcopat. 9

Chapitre iii. les  PISTES DE SOLUTION.. 11

1.  L’ENRACINEMENT DANS LE MILEIU ET DANS LA CULTURE. 11

2. LA FORMATION AU CHANGEMENT DE MENTALITE. 12

3. LA PARTICIPATION ACTIVE ET RESPONSABLE DES LAÏCS. 12

Conclusion.. 15

BIBLIOGRAPHIE. 16

TABLE DES MATIERES. 19

 

 


[1] A G, n° 19.

[2] RECCHI S., Op. Cit., p.27.

[3] JEAN PAUL II, Redemptoris mission,Edition saint Paul Afrique, Limeté-Kinshasa,1991, n°48; A.G n°6 ; Can 786.

[4] RECCHI Silvia, Autonomie financière et gestion des biens dans les jeunes Eglises d’Afrique, Droit canonique et culture, Yaoundé, 2003, p. 22.

[5] R.M, n° 52.

[6]RECCHI S., Op. Cit., p.25.

[7] HANHAEGHE E, « Vivre la commission universelle au plan financier », In Spiritus, 1987,  n°129, p 382.

[8] A.G,  n° 32.

[9] MANHAEGHE, Op. cit., p.386.

[10]AGOSSOU J, Christianisme africain, Une éternité au delà de l’ethnie, Karthala, Paris, 1987, p.188.

[11] ELA J M, Op. cit, p.27.

[12] Ibidem, p. 29.

[13] Messomo A., Op. cit., p. 419.

[14] Cfr MvENG A, L’Afrique dans l’Eglise, Parole d’un croyant, L’harmattan, Paris, 1985,  p.22.

[15]MONGO BETI, Le pauvre Christ de Bomba, Présence africaine, Paris, 1976,  p.54. 

[16] Lineamenta, n°42.

[17] CHEZA M, Le Synode Africain, Histoire et textes, Karthala, Paris, p.37.

[18] Idem, p.171 ; L’Archevêque Vandame parlait de l’Eglise du Tchad, cependant cette situation peut se généraliser, s’étendre et s’appliquer à toutes les Eglises d’Afrique.

[19] Idem., p.173.

[20] ELA M, Op. cit., p.158.

[21] CHEZA M, Op. Cit., n° 75-90, pp .147-154.

[22]BABE A, Eglises d’Afrique ! De l’émancipation à la responsabilité, Académie et Bruylant, Belgique, 1998, p.80.

[23] ELOI MESSI M, « La personne du Christ dans l’œuvre de MONGO BETI », In Chemin de la christologie africaine, Coll. Jésus et Jésus-Christ, n°25, Descelée, Paris, 1986, p. 66.

[24]MESSOMO ATEBA, Enjeu de la seconde évangélisation de l’Afrique Noire, Mémoire blessée et Eglise du peuple, L’Harmattan, Paris, 2005, p.419.

[25]ELA J M, Ma foi d’africain, Karthala, Paris, 1985, p.91.

[26] Matondo K N, « Construire ensemble l’Eglise, lettre pastorale sur l’Eglise locale et finance, Edition diocésaine, Basankusu (Zaïre), 1985 » ,  In Spiritus n° 129, p. 113.

[27] G.S., n°26 §2.

[28] G.S., 26§ 2.

[29]Jean Paul II, « L’Eglise d’Afrique a l’obligation d’évangéliser le continent, Discours aux évêques du Sénégal, de Mauritanie, et du Cap Vert », In D.C n°2047, 5 Avril, 1992, p.321.

[30]Jean XXIII, Princeps Pastorum, 28 novembre 1959.

[31]Les deux conciles œcuméniques, de Trente à Vatican II, Cerf, Paris 1994.

[32]

Cette expression n’a pas de connotation  raciste, elle indique la différence à nos jours entre missionnaires Européens et les missionnaires africains travaillants en Afrique.

Mgr Christophe ZOA

Mgr Christophe ZOA

 

Mgr Christophe ZOA

Mgr Christophe ZOA

Introduction

 

Quand on se rend compte qu’une personne ne réussit pas à se faire accepter en tant que majeur, on se pose des questions sur son éducation c’est-à-dire sa croissance, son enfance et sa jeunesse. Ce raisonnement peut s’appliquer aux Eglises d’Afrique. Comment les Eglises d’Afrique sont-elles nées ? Qu’est-ce qu’elles ont appris des missionnaires ?

Aujourd’hui, les Eglises d’Afrique ont le statut d’Eglises particulières. Cependant, elles sont loin de disposer des moyens matériels et financiers propres, et dépendent en grande partie des Eglises du centre (Europe). Que doivent-elles faire aujourd’hui pour se prendre en charge matériellement et financièrement afin de ne plus dépendre des Eglises du centre  d’une manière excessive ? Comment peuvent-elles initier des œuvres génératrices de revenus pour leur développement et vivre en même temps en communion avec les Eglises du centre ? 

Pour avoir un élément de réponse, il faut remonter à l’origine c’est-à-dire au moment de l’implantation d’une nouvelle Eglise, de sa croissance jusqu’à atteindre sa maturité. Ensuite, nous ferons une analyse sur le développement des Eglises d’Afrique après leur création en tant qu’Eglises particulières. Cette analyse prendra la forme d’une prise de conscience des pasteurs de la situation financière de leurs Eglises. Enfin, nous terminerons par une série de propositions pour une prise en charge matérielle des Eglises d’Afrique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE I.  L’IMPLANTATION DE L’EGLISE EN AFRIQUE 

 

1. ETAPES DE L’IMPLANTATION

 

 

Les étapes de l’implantation peuvent se regrouper en deux catégories. La première catégorie est typiquement historique, liée à l’organisation de l’activité missionnaire. La deuxième est législative, liée aux recommandations du code de droit canonique.

Quant à la première catégorie, la première grande étape est constituée par l’arrivée massive de premiers missionnaires sur le sol africain. Ils arrivent avec une mission bien déterminée, implanter l’Eglise en Afrique. Ne sachant pas ce qui les attendait ils se sont formés et préparés convenablement. Une fois sur le sol africain, ils se sont mis en exécution fournissant matériels, finances, personnels,  tout ce dont la mission avait besoin, voire les ornements liturgiques. Ensuite, comme résultat, les africains ont adhéré, bien que timidement aux appels et à la nouvelle religion. C’est la deuxième étape. Vu le résultat probant,  les missionnaires se sont lancés dans les œuvres de la promotion humaine ouvrant les écoles, les hôpitaux et même plus tard les séminaires en vue de la formation du clergé local. C’est la troisième étape.

Quant à la seconde catégorie, le can. 786 stipule que la mission Ad Gentes a une double finalité, d’un côté, la création des Eglises particulières de l’autre côté, cette finalité est atteinte d’une façon progressive selon les étapes. La première grande étape est la constitution du Diocèse, la création d’une Eglise autochtone. Cette étape évoque le système juridique de la commission ; système par lequel l’évangélisation est confiée à un institut religieux ou à une société de vie apostolique jusqu’à parvenir au développement des éléments permettant l’existence d’un Diocèse avec un pasteur propre, un clergé autochtone, des fidèles et des structures propres. La deuxième grande étape est une étape stationnaire. Une étape pendant laquelle le diocèse  nouvellement créé demeure dans un état initial d’évangélisation et de non-autonomie des personnes et des moyens. Ce diocèse est juridiquement sous la compétence de la congrégation pour l’évangélisation des peuples et cette situation est destinée à durer jusqu’à l’accession à l’état de maturité.

Le décret Ad Gentes affirme que l’œuvre de l’implantation dans les jeunes Eglises atteint, dans une certaine mesure, son terme lorsqu’elles jouissent d’une certaine stabilité et fermeté et sont enracinées dans la vie sociale et  modelées jusqu’à un certain point sur la culture locale. Cette réalité ecclésiale a ses ressources propres, fusent-elles insuffisantes, un clergé local, des religieux et des laïcs. Elle est enrichie de ces ministères et institutions qui sont nécessaires pour mener et développer la vie du peuple de Dieu sous la conduite de son propre Evêque.[1] Dans le can. 786 à la suite du concile Vatican II, un diocèse atteint sa maturité quand il a une suffisance de personnes et de moyens. « Une Eglise nouvelle atteint l’état de maturité lorsqu’elle a la capacité de s’ouvrir et de réaliser, à son tour, l’activité missionnaire c’est-à-dire l’évangélisation ad intra et ad extra »[2]

 

 2. l’activité missionnaire

 

Le can.786 définit l’activité proprement missionnaire de l’Eglise comme une action spécifique à l’intérieur de sa mission. Cette activité se distingue de toute autre activité qui a trait à la pastorale ordinaire, à la pastorale œcuménique. Parler de l’implantation et de l’enracinement d’une Eglise, c’est implanter et enraciner l’Eglise chez un peuple ou un groupe déterminé. Evangélisation et implantation d’une Eglise vont de paire. Implanter c’est fonder l’Eglise là où nodum radicata est. L’implantation est le but spécifique de l’activité ad gentes et on ne peut pas dire qu’il soit atteint tant qu’on n’a pas réussi à édifier une nouvelle Eglise particulière vivant normalement dans son cadre naturel.[3] De ce point de vue, l’implantation d’une Eglise n’est pas un acte, elle est l’expression d’un chemin historique qui a comme objectif de fonder des communautés des fidèles et de les amener à leur pleine maturité. « Cela est une œuvre de longue haleine donc il est difficile de préciser chaque étape »[4]. Toutefois, l’implantation comprend une intime transfiguration des authentiques valeurs culturelles par leur intégration dans le christianisme ainsi que l’enracinement  du christianisme dans les diverses cultures humaines[5]. C’est uniquement à partir de cet enracinement qu’on peut parler d’existence d’Eglises matures, autonomes, munies de leurs propres forces et des moyens suffisants qui les rendent capables de poursuivre par elles-mêmes l’œuvre de l’évangélisation. Bref, capable de participer à plein titre aux échanges et à la communion entre les Eglises.[6]

 

3. LE SYSTEME DE COMMISSION ET SA SUPPRESSION

 

La commission est un système selon lequel la Propaganda Fide associe un institut religieux à un territoire de mission pour l’évangéliser mais sous la juridiction directe du Saint Siège. Le personnel et les finances sont à la charge de l’institut. Elle nomme un membre de l’institut comme supérieur ecclésiastique (Vicaire ou Préfet apostolique). Ce dernier gouverne au nom du Saint Siège et dépend directement de la Propaganda Fide ce qui veut dire le gouvernement  ecclésiastique reste entre les mains du Saint Siège, mais que l’institut doit prendre soin de tout, du personnel et des finances.[7]

En 1969, le système de commission est supprimé dans tous les diocèses sous la juridiction de la congrégation pour l’évangélisation des peuples (la Propaganda Fide) et la congrégation rappelle aux parties concernées l’obligation d’établir un contrat ou une convention. Ceci consiste à ordonner les activités menées par les instituts ou les associations ecclésiastiques. Tous, de quelque genre qu’ils soient, en tout ce qui regarde l’activité missionnaire elle-même, doivent obéir à l’ordinaire du lieu. Aussi, sera-t- il très utile de conclure des conventions particulières qui règleront les rapports entre l’ordinaire du lieu et le supérieur de l’institut.[8] Ceci veut dire que les évêques résidentiels, sous la juridiction de la congrégation de l’évangélisation des peuples sont directement et pleinement responsables de leurs diocèses. Cela signifie entre autres qu’ils acceptent la charge de toutes les œuvres diocésaines et qu’ils trouvent eux-mêmes le personnel et les finances nécessaires. L’institut missionnaire n’est plus lié par la commission et peut librement établir une convention avec le diocèse. Cette suppression vise à situer un nouveau cadre de rapport de coopération entre diocèses et instituts missionnaires. Le diocèse est désormais considéré comme une Eglise particulière ayant une certaine autonomie. Cette suppression octroie la juridiction du diocèse à l’ordinaire du lieu mais en même temps elle est son talon d’Achille. Où peuvent-ils (les diocèses nouvellement créés) trouver les moyens nécessaires pour le fonctionnement de leurs diocèses ?

Certains diocèses n’avaient jamais eu à se soucier de leurs revenus parce que l’institut missionnaire s’en chargeait. D’autres, par contre, ne pouvaient que partiellement compter sur l’institut et avaient été obligés de créer quelques ressources locales. Les uns dépendent totalement des instituts missionnaires et par le fait même, excluent catégoriquement toute initiative de prise en charge matérielle ; tout vient d’en haut par conséquent, ils sont incapables de résoudre leurs propres problèmes. N’est ce pas là une cible d’origine du mal qui mine actuellement les jeunes Eglises d’Afrique ? Jusqu’à quand cela pourrait durer ? Car, il n’est pas évident que les hommes auxquels toute initiative est interdite acceptent indéfiniment de jouer le rôle d’objet dans l’histoire qui se déroule. L’absence de toute perspective de promotion individuelle peut conduire à des surprises désagréables voire à l’indifférence. Les aides de genre unilatérales, les paternalismes bienveillants ne sont pas de nature à favoriser ni l’autonomie, ni l’émancipation, ni l’indépendance.

Certains instituts missionnaires ne disposant pas assez de moyens financiers ont dû travailler avec leurs partenaires au lieu de tout faire pour eux. Cette expérience prouve qu’il faut considérer les gens comme des partenaires et qu’il faudrait accepter de dépendre en partie d’eux, si l’on veut promouvoir l’autonomie financière des Eglises locales. La Propaganda Fide soutient toute initiative d’autofinancement à condition de ne pas mettre en danger la structure pyramidale de l’autorité. « Est-il possible d’arriver à une réelle interdépendance en maintenant un centre qui impose sa loi ? »[9]

 

4. LES RESSOURCES FINANCIERES DES INSTITUTS MISSIONNAIRES

 

Le but de la Propaganda Fide a été de créer et de développer dans les meilleurs délais des diocèses dépendant de Rome, de former le plus tôt possible un clergé diocésain qui prendrait la relève des missionnaires étrangers. Par ailleurs, elle concevait cette relève en termes romains c’est-à-dire la Propaganda Fide se situait au plan institution et son approche était orientée vers la création des succursales qui dépendent du centre (Rome). Toutefois, ce cadre institutionnel n’était pas de nature à favoriser l’autonomie financière des vicariats devenus diocèses. Pour toutes ses activités, la mission devra trouver les bailleurs de fonds à l’étranger. D’où le rôle de la presse missionnaire.

Dès le XIXème siècle l’Europe, les Etats-Unis et le Canada sont la source de provenance des ressources de la Propaganda Fide ; lieux de cultes, écoles, dispensaires, séminaires, écoles des catéchistes, orphelinats, léproseries… seront entretenus par des fonds extérieurs du pays de mission. Ainsi, chaque séminariste devra avoir un bienfaiteur ; il n’apprendra pas un métier pour survivre, il devra vivre en sous-développé, selon les exigences d’une économie hétéro centrée. « S’il est habitué dès le séminaire à compter sur les bienfaiteurs occidentaux, ne serait-il pas tenté de négliger sa formation humaine, l’apprentissage d’un métier qui lui permettrait de vivre non en privilégié mais en tiers-mondiste sous développé participant activement à l’effort économique et social de son pays ? Les séminaires des instituts missionnaires (appelés à l’époque séminaires coloniaux) formaient des petits privilégiés et bourgeois convoités de tous. Le séminaire était un haut lieu de la logique aristotélicienne et d’une éducation aristocratique ».[10] Les Eglises occidentales financent en grande partie la formation des futurs prêtres en Afrique. Cependant, cette aide est liée à une certaine orientation à la formation des futurs prêtres, selon l’image occidentale du sacerdoce. Le prêtre formé dans ces séminaires doit être le continuateur des missionnaires d’hier.

 Outre, les sources financières citées ci haut, il faut souligner l’importance des associations et des œuvres qui se fondent en Europe pour venir en aide aux missionnaires à savoir : l’œuvre de la Propaganda Fide, (1822) la Sainte enfance, (1843) l’œuvre de Saint Pierre Apôtre, (1899) l’œuvre de Saint Pierre Claver (1894). Par ailleurs, on constatera qu’étant donné qu’il n’y a pas des ressources financières dans les pays des Eglises nouvellement créées bien des structures disparaîtraient rapidement avec le départ des missionnaires qui en assuraient le fonctionnement. Ainsi le clergé local hérite-t-il des structures déjà handicapées. Sera-t-il en mesure de les maintenir ?

Selon Jean Marc ELA, pour le cas des pères du Saint Esprit, c’est le gouvernement français qui apportait aux missionnaires logement, transport, frais de voyage, indemnités pour les noviciats, les maisons de formation et les missionnaires, allocations aux pères et aux frères. La France a participé à la construction des édifices des cultes. Les édifices religieux devant refléter le prestige de la France seront financés par le gouvernement colonial ; ainsi seront construites les cathédrales d’Afrique noire au XIXè siècle.[11]  Sans doute les Eglises ne comptaient pas exclusivement sur l’aide ou les subventions des pouvoirs coloniaux pour assurer leur expansion. Elles avaient des structures très solides et organisées sur le plan juridique et matériel. Elles avaient mobilisé l’Occident chrétien par leur courant missionnaire à l’activité missionnaire. Elles avaient mis sur pied une littérature religieuse à l’œuvre missionnaire ; une presse missionnaire qui véhicule une idéologie sur la vie de l’Afrique : «  Les pauvres noirs soumis à la maladie, à l’ignorance et à l’esclavage », en vue d’alimenter les fonds nécessaires à l’évangélisation. En tout cas, le rôle de la presse missionnaire était de susciter dans la chrétienté occidentale une générosité active et intarissable des fidèles. La mission tire son élan de la grande pitié qu’éveillaient en Europe les descriptions et les spectacles de l’Afrique. L’aide financière accordée apparaît ainsi comme une œuvre de compassion pour les pauvres noirs, soumis aux maladies, à l’ignorance et à l’esclavage.[12]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE II  L’Episcopat africain face au problème

 

1.  Le problème qui se pose

 

La question de l’autonomie financière des Eglises d’Afrique Noire trouvera sans nul doute sa solution dans une option d’autodétermination effective. Il sera  illusoire d’attendre des autres, de ceux qui jouent aux généreux donateurs et bienfaiteurs des Eglises d’Afrique qu’elles les aident à couper le cordon ombilical qui les lie. Ce serait se priver d’une des voies qui rendent visible la pratique ecclésiale de la vertu théologale de la charité […].[13] Mveng dénonce cette pratique de charité en faveur des peuples africains (Eglises africaines) en le qualifiant d’aliénant car elle est la cause de la pauvreté économique et sociologique du peuple africain.[14] ELA abonde dans le même sens en dénonçant le “mythe de l’aide” au tiers-monde comme facteur de la dépendance économique des Eglises africaines à l’égard des Eglises mères d’Occident. Le professeur Babé trouve dans l’aide extérieure un système politico-économique mis sur pied en défaveur des pays africains. C’est un système qui fabrique le sous-développement. Cette politique se constate même dans la réponse malicieuse de Zacharie au Père Drumont quand celui-ci voulait savoir pourquoi les gens se détournent-ils de la religion ? A ton avis pourquoi y étaient-ils venus en masse au début ? Zacharie, le cuisinier du Père répond : « Allons donc moi je vais te dire pourquoi ils retournent exactement Père… Les premiers d’entre nous qui sont accourus à la religion, à votre religion y sont venus comme une révélation … Une école où ils acquéraient la révélation de votre secret, le secret de votre force. […] Le secret de votre mystère ! Au lieu de cela, vous vous êtes mis à leur parler de Dieu, de l’âme, de la vie éternelle, […] Ma foi, ils ont eu l’impression que vous leur cachiez quelque chose. Plus tard, ils s’aperçurent qu’avec de l’argent ils pouvaient se procurer bien de chose […] Et voilà ils abandonnent la religion, ils courent ailleurs je veux dire vers l’argent.»[15]

Néanmoins, ce défi qui se pose aux Eglises officielles d’Afrique, les Eglises afro-chrétiennes ont réussi à le relever de façon plausible. N’y aurait-il pas quelque chose à apprendre de leur expérience ? 

2. La reaction de l’episcopat

 

Les ‘’lineamenta’’ parlent de l’autosuffisance des Eglises particulièrement en Afrique.[16] Le questionnaire au n°14 pose la question de savoir si les Eglises d’Afrique ont conscience de la nécessité et de l’urgence de parvenir à l’autosuffisance financière ; ainsi, les questions demandent quels sont les efforts, les initiatives, les stratégies envisagés pour l’atteindre. Le Cardinal THIANDOUM, Archevêque de Dakar (Sénégal) soulève le problème au discours introductif du Synode : « L’Eglise est pauvre en Afrique principalement parce que l’Afrique est pauvre mais une dépendance totale et prolongée d’aides financières d’origine étrangère ne manque pas d’être préoccupante. Ce synode doit se pencher sur cette grave anomalie. Certes, nous apprécions et nous sommes reconnaissants  de la solidarité chrétienne et de la charité de nos Eglises sœurs plus nanties qui sont venues à notre aide, mais nous devons, nous aussi jouer notre rôle et chercher les moyens d’une plus grande autosuffisance ».[17] Monseigneur Vandame,  Archevêque de N’Djamena (Tchad) dira une Eglise qui, sur le plan financier dépend essentiellement des Eglises sœurs est encore une Eglise-enfant. Car dit-il, notre Eglise très vivante sur le plan pastoral demeure sur le plan économique une Eglise sous perfusion ; pourquoi cela ? Il n’y a pas de proportion entre la capacité de contribution de notre Eglise et les besoins financiers de celle-ci. […]. De cette situation découle l’immaturité de comportement, une démission de responsabilité, une mentalité d’assistés perpétuels.[18] Monseigneur KEMBO constate une contradiction d’une implantation des Eglises en Afrique reconnues adultes par l’élection en leur sein d’une hiérarchie autonome, et le manque de moyens pour accomplir de manière autonome leur mission évangélisatrice. L’exigence de disposer des moyens propres est un préalable à l’accomplissement de la mission des Eglises. Elles ne peuvent pas contribuer à l’émancipation des peuples africains si elles mêmes ne vivent que de dons. L’aide qui vient d’ailleurs des Eglises sœurs  doit être un complément aux moyens propres.[19] Face à une telle situation, le besoin réel d’exprimer sa foi d’une manière authentique se présente. Par ailleurs, « pour dire la foi de manière authentique, l’Eglise d’ Afrique doit, comme les sociétés  dans lesquelles elles cherchent de nouveaux modes de présence et d’action, échapper à l’aliénation économique. Bref la suite d’un langage africain de la foi ne trouve pas de réponse que dans les communautés capables de marcher sur leurs propres pieds »[20].

L’épiscopat africain fait connaître son malaise face à cette situation. Il peut se résumer en ces termes : «  Jusqu’à présent, l’Eglise d’Afrique ne s’est pas assez intéressée aux problèmes de prise en charge matériel et d’autofinancement par elle-même, elle s’est surtout occupée de “sauver les âmes.” Il faut donner un nouveau cap à l’évangélisation, orienter vers une compassion authentique pour les individus […]. Puisque le clergé va continuer à jouer un rôle central et particulier dans l’évangélisation de l’Afrique, il faut que les prêtres et les futurs prêtres soient correctement formés aux dynamiques et aux stratégies de l’évangélisation globale et tous azimuts […]. Il faut également restructurer les programmes des séminaires pour préparer les séminaristes à faire face aux problèmes de la vie, de la gestion et des finances que les africains ont à affronter »[21]. Le professeur BABE parle en terme de nouvelle organisation qui conduira à revoir la formation des prêtres ; une formation qui sera plus diversifiée, plus proche de leur milieu de vie.[22] « Quand la formation des prêtres est bâclée, elle conduit évidemment à une production en série de ritualistes prêts à toutes sortes de compromissions, …»[23] 

Cependant, on peut se demander pourquoi les princes de l’Eglise d’Afrique,  face à un handicap ciblé, n’arrivent pas à compléter le programme de formation des séminaires ? « Suffit-il d’appeler de tous ses vœux l’avènement d’une ère nouvelle, celles des Eglises africaines autonomes et libres pour que le rêve devienne réalité ? Quels moyens se donnent-ils (les évêques) pour conquérir cette autonomie ? Comment promeuvent-ils les projets d’investissement capables de conduire leurs diocèses sur la voie de cette autonomie financière ? Comment les instances romaines passent-elles d’un simple appel à l’aide en faveur des Eglises d’Afrique à un engagement concret au service de leur autonomie ? »[24]

Chapitre iii. les  PISTES DE SOLUTION

 

1.  L’ENRACINEMENT DANS LE MILEIU ET DANS LA CULTURE

 

Si l’on veut rendre les Eglises autonomes, il faut les localiser en leur faisant vivre des ressources tirées de leur sol, cela ne signifie pas qu’elles doivent se replier sur elles mêmes et refuser tout effort extérieur qui ne serait pas aliénant. Cela veut dire que dans les nations devenues majeures, les Eglises locales doivent se tenir sur leurs propres pieds.[25] Pour arriver à l’autonomie financière, sauvegarder sa dignité et promouvoir l’identité, faut-il supprimer toute aide extérieure ? Non. L’autonomie ne signifie pas autarcie, repliement sur soi-même. Une telle attitude va à l’encontre de la catholicité, du partage, de la communion de la responsabilité des Eglises. Elles empêcheraient les autres Eglises de remplir leurs droits et devoirs, de venir en aide aux Eglises nécessiteuses. L’entraide est le signe qui concrétise la communion et le partage des Eglises. Cela n’exclut pas que l’Eglise locale développe une stratégie en vue de restreindre l’aide extérieure, d’utiliser toutes les potentialités locales et de faire participer tous ses membres à l’autofinancement. Aujourd’hui, la forme d’aide la plus appréciée que l’Eglise d’Afrique attend des Eglises d’Occident est l’aide à des projets et des structures conçus par les Eglises locales et qui leur permettent de se prendre en charge elles-mêmes. On pourrait dire que les Eglises locales assurent leur fonctionnement et l’aide extérieure assure le développement. L’ecclésiologie de communion demande que la participation et la coresponsabilité se vivent à tous les niveaux et par tous. A ce propos, il faut dépasser la pudeur qui consiste à ne pas exiger des Africains l’effort pour financer l’Eglise sous prétexte qu’ils sont pauvres. Les Eglises pagano-chrétiennes n’étaient pas nécessairement riches. Dans celles de Corinthe,  la majorité des chrétiens venaient de milieux humbles. Mais, ils réussissaient à se prendre en charge eux-mêmes et à faire don de superflu à Jérusalem (1Co1, 26-29).

 

 

 

2. LA FORMATION AU CHANGEMENT DE MENTALITE

 

« Pour prendre en charge matériellement nos Eglises, il faut oser aller contre les idées reçues  et les pratiques qui dépossèdent l’homme de sa propre responsabilité devant les conditions de son existence »[26], afin que l’homme ait accès à tout ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine.[27] Comme les autres chrétiens du monde, les Eglises d’Afrique doivent s’ouvrir aux questions et aux expériences des autres pour élaborer leur avenir. Les Eglises d’Afrique ne doivent plus se contenter de recevoir l’aide des Eglises sœurs. Elles doivent s’approprier des initiatives et organiser la prise en charge matérielle de l’évangélisation à partir du continent lui-même. Il s’agit là de l’affirmation, de l’identité dans l’initiative et la communion. Pour le faire, Monseigneur MATONDO invite à l’éducation d’une nouvelle mentalité  en vue d’un agir nouveau. […] Cet Esprit aura sa base dans l’Esprit évangélique :

  • Un esprit simple et marqué par le désintéressement des biens matériels.
  • Promouvoir le développement des peuples, s’engager résolument au développement intégral de tout homme et de tout l’homme.[28]
  • Dépasser les intérêts égoïstes pour se consacrer à la recherche du bien commun. Et s’intégrer dans le peuple vers qui on est envoyé […]

Pour le professeur Babé, le changement de mentalité doit commencer à partir de la formation des futurs prêtres. Les futurs prêtres apprendront aussi à vivre en communauté sacerdotale formant une équipe de vie et de travail qui rayonne sur un grand secteur. Ceci réduirait un certain nombre de dépenses qui sont engagées quand chaque prêtre vit seul dans un presbytère.

 

3. LA PARTICIPATION ACTIVE ET RESPONSABLE DES LAÏCS

 

Il faut aussi favoriser les relations de proximité entre prêtres et les fidèles en vue de susciter l’esprit de solidarité et de responsabilité de la part des fidèles. Pour le Père HEBGA, il faut mettre fin au cléricalisme financier. Cette manière des clergés d’exclure les laïcs de la gestion des fonds alors que ce sont eux qui par les dons, les legs, les deniers du culte, les droits d’étoles et les taxes divers garnissent les caisses d’Eglises. Le Pape Jean Paul II en faveur de l’autofinancement des diocèses africains disait : « Orientez-vous également vers l’autosuffisance financière. Que le clergé n’ait à porter seul la charge de chercher l’argent et de le gérer ! Puissent les communautés chrétiennes, dans leur attachement pour leurs pasteurs les soutenir par un salaire honnête rendant ceux-ci comptables devant elles de leur temps et de leur mode de vie. »[29] Ceci veut dire que les Eglises d’Afrique doivent réaliser graduellement l’autofinancement en faisant participer activement tous les chrétiens. Il sera donc indispensable de les motiver et de les informer c’est-à-dire avoir une transparence dans la gestion. Il faudra aussi accepter de rendre compte aux chrétiens. Pour ELOI MESSI, une gestion saine, une comptabilité rigoureuse, l’information sur les ressources, ne suffisent pas ; le refus du luxe et du gaspillage, l’adoption de projets modèles et aptes pourraient aider à résoudre le problème de la vie matérielle des prêtres et du fonctionnement des œuvres liées à la mission. Pour MESSOMO, la solution à cette situation se situe au niveau de certains pouvoirs qui bloquent l’émancipation des Eglises d’Afrique. Comme solution, de théologiens camerounais envisagent l’émancipation des Eglises africaines de toute forme de domination susceptible de bloquer leurs initiatives. Il estime que tant que la pastorale en Afrique restera liée au pouvoir économique et financier des Eglises du centre, les africains ne pourront vivre la foi à leur manière.

Il faut  faire recours aux laïcs. Dans des terres déjà chrétiennes, les laïcs coopèrent à l’œuvre de l’évangélisation en développant en eux-mêmes et chez les autres la connaissance et l’amour des missions […], en offrant des subsides de tout genre pour que le don de la foi qu’ils ont reçu gratuitement puisse être transmis à d’autres comme don […][30] Enfin, les laïcs apporteront volontiers leur coopération économique et sociale aux peuples en voie de développement, […] Pour s’acquitter de toutes ces tâches, les laïcs ont besoin d’une nécessaire préparation technique et spirituelle, qui doit leur être donnée dans les instituts destinés à cela, pour que leur vie soit un témoignage pour les chrétiens parmi les

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8 Réponses to “POUR UNE PRISE EN CHARGE MATERIELLE ET FINANCIERE DES EGLISES D’AFRIQUE”

  1. LWESSO Jean de Dieu Says:

    Je suis ravi de lire votre article et je voudrais à ce que vous envoyiez d’autres directement à mon adresse électrinique.
    Cet article est vraiment édifiant sur le plan spirituel.

    Merci et que Dieu vous bénisse.

    • muturo Says:

      Voici un nouvel article sur les Medias en Afrique. Cet article nous invite à une prise de conscience sur l’influence des medias occidentaux sur nos familles en Afrique; et surtout sur son monopole médiatique et le mutisme africain.
      Bonne lecture.

      MEDIAS ET FAMILLES AFRICAINES :
      By muturo
      INTRODUCTION
      L’Occident s’est développé. Ce développement s’étend sur plusieurs domaines notamment celui de la technologie. Celle-ci connaît aussi une rapide évolution surtout dans le secteur médias qui attire et qui fascine l’humanité.
      Cependant, jusqu’à nos jours ce secteur reste l’apanage de l’Occident. A travers les médias, l’Occident distille sa culture, fait sourdre ses réalités culturelles, fascine le monde et lui présente toute sorte de produit. Ce secteur se présente sous forme d’un mouvement à sens unique.
      Face à un modèle unique que l’Occident fait miroiter et imposer à travers les médias, les familles d’Afrique sont désaxées, l’éducation et l’avenir des enfants compromis. Que faire pour permettre aux familles d’Afrique de garder leurs valeurs culturelles, de vivre en harmonie dans leur vocation tout en se servant des médias occidentaux ?
      Pour réponde à cette question, nous présentons une étude sur le rapport entre les médias occidentaux et les familles d’Afrique en quatre points à savoir : un aperçu des médias, ensuite la dynamique des médias, enfin les deux derniers point repenser la place des médias dans nos familles et l’éducation aux médias.

      I. BREF APERÇU DES MEDIAS

      Les médias peuvent se définir comme des moyens de diffusion, de distribution et de transmission des signaux porteurs de messages écrits, sonores, visuels, audio-visuels (Théâtre, presse, cinéma, radiodiffusion, télédiffusion, vidéographie, télédistribution, télématique, télécommunication, Internet, etc.)
      Selon Francis Balle, un média est un équipement technique permettant aux hommes de communiquer l’expression de leur pensée, quelles que soient la forme et la finalité de cette expression.
      Dans une approche sémiologique, c’est-à-dire au regard d’une vision fondée sur l’étude scientifique des signes, le médium est un moyen de diffusion collective ou de transmission d’une information, d’un message, d’un sentiment, d’un signal, etc. Mais il est surtout un système de signes, sémiotiques dont on ne décrypte le message transmis par le destinateur au destinataire que si l’on appréhende le code graphique, phonique, iconique, kinésique, comportemental, ludique, olfactif, etc., basé sur des unités sémiques minimales (porteuses de sens).
      Il existe trois catégories de médias à savoir : médias publics sous contrôle de l’Etat, médias commerciaux sous contrôle de l’argent, et médias privés à but non lucratif. A ces trois catégories une quatrième s’ajoute, celle qui fonctionne essentiellement dans les sociétés non marchandes : les médias communautaires qui existent par et pour la communauté, sans appropriation privative et sans obsession mercantiliste ni postulat égocentrique. Cette dernière catégorie privilégie la fonction de reliance dévolue à la presse.
      Les médias dans leur exercice ont un objectif à atteindre. Ils ont une logique, une technique et emploient plusieurs méthodes. Ils ont l’avantage de toucher un public assez vaste à la fois, dont les familles africaines. Ils ont comme fonction information, éducation et divertissement.
      Nés dans un monde complexe mettant en jeu des phénomènes psychologiques et sociologiques subtils, les médias ont besoin d’être approchés de façon critique afin de percevoir leur signification profonde et de jouer leur jeu d’influence. Ce qui ne veut toujours pas dire que les médias manipulent leurs destinataires. Car, derrière les médias, il y a quelqu’un qui veut nous faire penser comme lui.
      Les médias répondent au besoin fondamental de l’homme à savoir la communication. Le risque des médias serait d’instrumentaliser l’information qu’ils diffusent pour passer leur propre message. À ce niveau, la raison joue un rôle capital. Il faut pour le public connaître les médias et comprendre leur fonctionnement. D’où la nécessité d’une éducation aux médias.
      Pour l’Église, la fin propre des médias est de rendre accessible à la famille humaine tout ce qui est noble, inspirateur et édifiant dans la personne et dans les sociétés que les hommes façonnent et perpétuent. Le rôle investigateur des médias doit toujours être mis à profit pour découvrir la vérité et pour dénoncer les domaines de la vie humaine qui requièrent reforme, développement et correction. Dans la poursuite de ces buts, les médias ont la grave obligation d’utiliser leur pouvoir d’investigation pour la recherche de l’exactitude des faits et pour la promotion du bien commun […].

      II. REPERCUSSIONS DES MEDIAS

      Le phénomène des médias soulève interrogation et passion. Il séduit autant qu’il fait peur. Il suscite chez les uns optimisme et séduction et chez les autres pessimisme et peur. Optimisme et séduction car les médias contribuent à unifier des espaces auparavant cloisonnés, à rapprocher les peuples qui s’ignoraient. Pessimisme et peur car les médias sont perçus comme une menace, voire un péril. Parce qu’au-delà des intentionnalités conscientes, les médias s’identifient à l’ordre occidental des choses. Les médias signifient imposition unilatérale d’un ordre, créant une homogénéisation, une uniformisation et un nivellement des phénomènes. « Un des effets les plus notables est la naissance d’une culture de masse, amenée par la standardisation des goûts, la diffusion universelle de style de vie et de consommation, l’emprise croissante des industries culturelles qui savent allier la création d’œuvres populaires aux succès financiers. »
      Les médias font subir à l’homme un changement d’échelle. Le monde est au seuil de notre porte, la notion de proximité change. Mais ne nous leurrons pas, la réduction des distances ne fait pas le rapprochement des hommes, elle crée un contact mais ne met pas encore en présence et moins encore en communion. Nous avons suivi avec grand intérêt les élections aux Etats-Unis et l’investiture du président Barak Obama. Cependant, personne ne faisait partie de la grande assistance. Nous avons été simplement des téléspectateurs. Physiquement, il y avait un écart entre le lieu de cérémonies et notre habitation. Cet écart se définit en terme de distance.
      Les médias instaurent entrent les hommes des nouveaux échanges, des nouvelles relations mais ce processus induit un déséquilibre. Déséquilibre par le fait que les radios et les télévisions qui diffusent à l’échelle du monde sont presque toutes occidentales. Dès lors apparaît le danger qui s’instaure, une parole à sens unique, un silence contraint, silence du pauvre qui menace jusqu’à son existence. « Donner la parole à l’autre, c’est déjà lui reconnaître une part à l’existence. » Affirme Carrier.
      « Les médias sonnent-ils les glas de la différence culturelle et la victoire du même ? Comment le même peut-il entrer en relation avec l’Autre sans le priver de son altérité ? » . Pour briser le totalitarisme du même, dit Levinas, il faut accéder à l’infini en l’Autre, percevoir son visage et dans l’épiphanie du visage toucher la transcendance de l’Autre. Levinas introduit la notion de « Résistance éthique » : le visage d’Autrui bien qu’il soit ce qu’il y a de plus exposé, de plus vulnérable, oppose une résistance ; en dévoilant une hauteur inaccessible, il met en lumière la limite de gros pouvoirs et les rend caduques. Une culture n’a, peut-être pas, de visage mais toute culture humaine a une certaine « hauteur inaccessible », la percevoir est la condition pour une communication à visage humain qui respecte l’autre et sa différence. Ce respect doit éveiller en elle la possibilité d’accueillir et de donner, le respect instaure la possibilité d’un échange, mieux d’une communication avec l’autre. Promouvoir cet éveil des cultures est un enjeu important pour un média humain. « La confrontation ou le choix des cultures n’est pas une fatalité car derrière les hommes il y a l’homme. Ce fond commun où chaque culture prend racine et à partir d’où elle peut s’ouvrir sur le monde » . C’est à ce niveau que nous situons le désaccord dans le rapport entre médias occidentaux et les familles africaines. Car celles-ci en grande partie pauvre, ne peuvent s’exprimer. Et les médias jusqu’à présent ne peuvent leur accorder la parole, par ce fait ils ignorent leur point de vue sur leurs productions (Informations).
      Devant une telle situation, les familles africaines se trouvent sacrifier sur le bûcher des médias et sont contraintes à toute forme d’accommodement. Qui pourra rappeler aux médias l’importance de cet éveil culturel ?

      III. REPENSER LA PLACE DES MEDIAS
      DANS NOS FAMILLES
      Confrontées au bouleversement profond que les phénomènes de la communication imposent à notre continent, les familles africaines connaissent aujourd’hui une profonde mutation et délitescence. Alors que, « […] la famille est une cellule vitale de la société, le premier recours nécessaire à son développement et bien des fois le dernier rempart pour les personnes que les structures établies ne peuvent plus aider dans leurs besoins quotidiens [...] »
      Il s’agit pour les familles africaines de renouveler leur engagement initial, de recourir aux valeurs profondes et aux éléments essentiels du mariage. Il faudrait que les familles africaines sachent comment vivre spirituellement et moralement dans une civilisation des médias qui se présente à la fois comme son bonheur et son talon d’Achille.
      Le temps de l’Afrique traditionnelle, enclavée, non instruite, moins informée est révolu. Aujourd’hui surgit une nouvelle conscience, une sphère de réflexion et d’action où notre vision des réalités va changer d’optique. Les familles africaines doivent sortir de leur mutisme et travailler pour créer un espace à travers lequel elles doivent se manifester dans le monde. Cet espace peut se faire entendre même par mandat, à travers différentes institutions (Églises, ONG , …)
      Cet engagement doit s’orienter vers l’avenir. Au-delà des difficultés que rencontrent les familles africaines ; difficultés économiques, tentation de migrer, l’évolution des mœurs ; difficultés qui fragilisent la cohésion de la cellule familiale, les familles africaines doivent « plutôt prouver leur capacité de léguer aux générations futures une Afrique créatrice dans un monde où nos enfants auront une place à la hauteur de leur passion de vie et de leur droit au bonheur ».
      La génération avant nous a subi les médias, et la nôtre un peu moins parce qu’il n’existait pas encore une préparation pour les affronter. Nos enfants vont naître dans la civilisation de médias, il revient aux familles de bien préparer les enfants face à la réalité des médias. Ce que les familles africaines endurent et subissent des médias occidentaux doit devenir un chemin de connaissance utile pour toutes les familles du monde. Il s’agit pour les familles d’Afrique d’un enrichissement de l’héritage culturel, en plus de la culture africaine qu’elles doivent transformer en énergie de créativité, en une nouvelle voie d’humanisation dans un monde à transformer.
      Devenus facteurs incontournables dans nos familles, les médias transforment profondément la vision classique de la famille africaine. C’est l’opportunité pour ces familles de faire leur entrée dans le processus d’ensemble où leur parole, leur mode de vie, leur destin n’ont de sens qu’en relation avec une visée de transformer l’esprit qui structure le monde actuel. Il s’agit pour les familles d’Afrique de devenir le levain qui fait lever la relation de l’humanité à Dieu, face aux enjeux du développement rapide de la technologie de médias. Face à cette situation, la tâche des familles africaines est d’apporter un point de vue africain aux grandes préoccupations et quêtes qui bouleversent la stabilité et l’homogénéité des familles en général. Pour faire face aux problèmes que peuvent poser les médias, le Pasteur Ka Mäna préconise un réarmement intellectuel des individus, un ré enracinement éthique.

      a) Réarmement Intellectuel :
      Il s’agit d’une bonne préparation permettant une prédisposition à affronter les médias en tant que consommateur avisé. Un bon esprit de discernement capable d’ouvrir largement le débat d’idées, des informations de l’ordre mondial actuel.
      Cette prédisposition vise à renvoyer au plus profond de soi-même, et de son identité historique comme champs d’expériences vitales, pratiques, sociales et de valeurs éthiques et morales, pour s’inscrire dans la dynamique de la communication.

      b) Ré enracinement éthique :
      Actuellement les médias deviennent un élément destructeur des identités culturelles. Face à cette situation, la vraie bataille serait livrée contre une éthique des ‘’antivaleurs mondialistes’’, qui coupent les peuples de leurs sagesses séculaires.
      Au fait, « Les médias offrent de plus en plus largement les matériaux qui permettent de construire le citoyen ‘’informationnel’’, mais ils ne peuvent, à eux seuls, donner croissance au citoyen ‘’informé’’. Le citoyen informé apparaît dans une société qui met à l’honneur un usage intelligent de l’information. Or cet usage ne dépend ni des qualités propres de l’individu ni des performances des médias, il est lié à la culture politique, au sens large » .

      IV. EDUCATION AUX MEDIAS
      Pour un bon usage des médias, les familles africaines doivent s’y préparer et s’éduquer. Pour se faire, il convient de s’inscrire dans la logique des médias, connaître leur langage, leur technique. Bref connaître la grammaire des médias. Pour éviter une consommation naïve des médias il faut :

      a) Savoir qui communique ?
      Quel est le producteur de tel ou tel programme ? Comment est-il politiquement, idéologiquement et économiquement marqué ? Quels sont ses intérêts ? Il s’agit ici de connaître qui est derrière telle ou telle information ou agence de presse.

      b) Connaître les caractéristiques de chacun des types de médias.
      Un feuilleton a son genre, le télé journal a le sien, il en va de même pour un documentaire, d’un policier, d’une émission religieuse, d’un film fiction, une publicité…

      c) Connaître les techniques des médias :
      Les techniques ne sont pas de simples supports, mais font partie du contenu même du message. Producteurs aussi bien que consommateurs auront un intérêt à en connaître les lois. Par exemple, les gros plans sont la façon médiatique de souligner un motif, de dramatiser le message. Les plans présentant des bustes sont les plans du télé journal. La juxtaposition des séquences, produit aussi un sens. Faire alterner une foule et des images de fête, une ville et un désert, une ville et une lumière douce, la musique d’un film cela produit un sens différent au consommateur.

      d) Connaître les langages médiatiques :
      L’univers des médias est souvent l’univers de symbole, de la parabole, du langage suggestif et intuitif. Les techniques nouvelles permettent toutes sortes d’effets spéciaux qui font éclater le sens, qui transportent le spectateur dans un monde onirique, fantastique, effrayant ou comique ou encore qui le laisse abasourdi devant le talent de leur démonstration. Le langage médiatique devient ainsi de plus en plus indépendant de la nature ou de la réalité comme source de ses représentations.
      C’est surtout l’usage de cette indépendance qui suscite des réactions. Car il est très facile aux médias de tomber dans un ghetto au nom de l’indépendance voire au nom de la liberté d’expression. À ce niveau les médias cessent d’être « instrument indispensable d’encouragement et de stimulation du dialogue entre les hommes, d’épanouissement et de rapprochement entre les hommes, de pacification et d’espoir et ne répondent plus aux finalités divines. »

      e) Quelle représentation de la réalité se dégage des médias ?
      Il existe un décalage entre la représentation des médias et la réalité. Le produit médiatique existe comme révélateur d’une mentalité des courants d’opinions dominants et surtout des intérêts commerciaux des agences de production. Les médias ne sont pas la réalité mais une expression, une représentation de la réalité. La vision que l’audio-visuel donne du réel n’est ni transparente ni immédiate. Elle est médiatisée, reconstruite. Reconstruction qui ne signifie de soi ni perversité ni volonté de manipulation. L’image n’est pas le réel, mais la façon dont toute une équipe a choisi d’exprimer sa vision de ce réel à travers un langage audiovisuel qui a sa grammaire, sa syntaxe et sa rhétorique.
      La fascination qu’exerce sur nous l’image, demeure tant que nous resterons les illettrés de ce langage. La distance entre le réel et l’image, c’est aussi la distance, le recul que nous-mêmes saurons acquérir par rapport à notre écran. Apprendre cette distance est indispensable. Ainsi l’image doit être prise comme « Image – de » et non comme « la chose elle-même » dit Régis Debray. Sinon on tombe dans l’idolâtrie qui consiste à se confier indûment dans l’œuvre de nos mains. « Ceci relève du droit à une information vraie et honnête. Au-delà du choix, il est recommandé modération et discipline dans l’usage des médias aux jeunes».

      f) Ne pas avoir peur des médias, ni les condamner :
      Les médias ne sont pas à condamner mais à aimer car c’est une réalité culturelle et sociale voulue par Dieu. Ils sont un lieu où croissent la fraternité, l’échange et la communion humaine. Il serait mieux d’en faire usage pour favoriser sa propre communication. Que les Catholiques, les familles africaines soient pleinement conscients de ce qu’ils ont la vraie liberté d’expression, leur pensée, laquelle repose sur le sens de la foi et sur la charité. […] .
      Après une bonne préparation et éducation aux médias on peut porter une analyse (une lecture) critique sur la qualité du contenu de leurs productions. Cependant, cette lecture consistera à identifier les représentations médiatiques, les intérêts économiques qu’elles servent, les mentalités dominantes qu’elles traduisent, les valeurs éthiques et morales qu’ils véhiculent, … Car le problème n’est pas avant tout dans les médias, il est dans l’usager. Toutefois, il ne faut pas attendre de la télévision, par exemple, ce qu’elle ne peut pas donner. Elle n’est pas faite pour jouer dans le registre du rationnel ou de la didactique. C’est un langage kaléidoscopique (changeant) qui fonctionne par juxtaposition (rapprochement) plutôt que par enchaînements d’une logique linéaire. Il lui faut jouer dans son registre propre. Il est vrai que l’art aime provoquer, jouer avec les interdits. Il peut se le permettre alors que dans la vie réelle, ces ruptures ont immédiatement des conséquences dramatiques. Il est aussi vrai que sous prétexte d’art, de pseudo auteurs distillent des films érotiques, la haine, la violence. En tant que spectateurs, nous sommes obligés de choisir. Cela se fera d’autant mieux que chacun sera conscient et réconcilié avec ce qu’il porte en lui-même.
      Ainsi nous pouvons appliquer le discours de Franz Olivier Gisbert aux familles africaines : « les familles africaines ne doivent pas s’interdire d’entrer, quand il le faut et selon leurs moyens, dans la mêlée médiatique ni de se faire inviter sur les plateaux de télévision pour affronter les critiques. Il n’y a pas de meilleur moyen pour parler au monde aujourd’hui. Quant à l’Église, elle doit être porte-parole des familles africaines ne pouvant pas s’exprimer. Elle doit être partout […] dans les bidonvilles, au milieu des catastrophes, parmi les damnés de la terre, et aussi sur le petit écran. Il ne s’agit pas pour elle d’être de son temps. Il lui faut déranger son temps »

      CONCLUSION
      Notre travail se range derrière de nombreux efforts qui visent à aider les familles d’Afrique à ne pas se laisser miroiter et illusionner par les différentes productions médiatiques au détriment de leur cohésion. Ainsi nous avons présenté une étude sur le rapport entre les familles d’Afrique et les médias occidentaux afin qu’elles puissent marquer une distance par rapport à la production médiatique et y tirer ce qui est indispensable pour son évolution, sa vocation et sa consolidation.
      Nous avons développé quatre points à savoir un bref aperçu des médias. Ce point fait une ébauche de ce que sont les médias, ses objectifs, ses fonctions, ses modes d’opération, ses différentes catégories. Il s’agit d’une vision d’ensemble de médias.
      Ensuite, nous avons abordé le point sur la dynamique des médias. Ce point soulève la résultante souhaitée ou fortuite de l’œuvre des médias.
      Enfin, les deux derniers points sont la matrice de notre étude. Ils visent à recadrer, à réorienter voire baliser les familles africaines dans leur usage des médias. Ces points montrent combien les familles africaines ne doivent plus s’en passer de l’usage des médias. Les médias doivent faire chemin d’ensemble avec elles, à condition de repenser leur place et rôle dans la famille ensuite s’en éduquer.
      Nous ne finirons pas notre étude sans rappeler le décalogue pour combattre la télé dépendance :
      1. La télévision n’est pas un appareil électroménager comme les autres : il faut l’utiliser à petite dose.
      2. L’homme (et sa famille) ne vit pas que de la télévision.
      3. Ne pas parquer ses enfants devant le téléviseur ; ils ont besoin d’adultes avec qui apprendre à juger ce qu’ils voient.
      4. La télécommande devrait être utilisée seulement par les infirmes ; changer de canal à tout bout de champ empêche de réfléchir sur ce qu’on voit.
      5. La stupidité et le mauvais goût restent tels sur l’écran de télévision : ce sont des marchandises à refuser.
      6. La publicité télévisée est presque toujours fascinante mais pas souvent respectueuse des valeurs de la famille, elle vous fait désirer la vie d’autres gens (ou bien celle que la famille ne peut se permettre).
      7. La télévision ne doit pas tuer la lecture et la conversation.
      8. Si la famille s’ennuie, ne pas penser d’abord à allumer la télévision ; la maison et le monde sont riches de moyens de passer le temps avec joie.
      9. Les anciens, muets devant le téléviseur allumé, ne communiquent plus aux jeunes leur richesse d’expériences, …
      10. Rappelez-vous que derrière l’écran de télévision, il peut toujours y avoir quelqu’un qui a décidé de vous faire penser comme lui.

  2. kra kouadio Ignace Says:

    Bonjour cher (s) paroissiens Je m ‘ appel Kra Kouadio Ignace je suis de la Côte-Ivoire je voudrais vous demandez votre aide pour etudié au Grand Seminaire Sacré Coeur d ‘ Ayama ( Côte-Ivoire) .

    je suis Ophelin de Père et de Mère et je viens me confié à vous pour vous demandez votre aide financière au niveau de votre Paroisse .

    je vous sollicite votre bienveillance et votre soutien à vous les paroissiens .

    Merci que Dieu vous Bénisse !

  3. Gallus Onana Essomba Says:

    Ex mgr je suis le viccaire general d’un diocese du cameroun de l’eglisse catholique traditionnelle ,je voudrais un soutien missionnaire de constuction d’une paroisse de campagne de 12m de larges et de 24m de longeurs
    qui regroupera plus de 400 chretiens .ma correspondance n’est qu’un premier contact.votre apuis à ce projet sera très importtant à toute la comunauté je vous fournirai toute les informations par une lettre de bonne bonne detail .loue soit
    Jesus Christ…amen.

  4. Kalemba Mwambazambi Says:

    Effectivement, l’Eglise d’Afrique doit prendre conscience et stimuler le developpement communautaire. La structure Mission et Developpemnt est necessaire au sein de l’Eglise. De ce fait, l’Eglise de l’Afrique doit lutter pour aneantir la mendicite ecclesiale.

    • muturo Says:

      Cher lecteur nous partageons votre point de vu et nous attendons vos contributions à la rédactaction du prochain article. Quelles sont les initiatives de votre Eglise locale pour lutter contre cette mandicité au nom de l’Evngile. Avez-vous indiviuellement des suggestions à nous faire.
      Merci

  5. kouassi alain Says:

    bonjour monsieur/ madame
    je suis d’accord que l’église se prenne en charge et assume son destin .mais qu’est ce qui est fait pour les pays qui ont connu la guerre comme la côte d’ivoire. nous voulons mettre en place une télé pour donner un nouveau poids du message de l’église nous ne voulons pas laisser seuls le politique nous conduire il nous ont conduit plusieurs fois dans le mur.nous voulons profiter de l’ouverture de l’espace audiovisuel pour implanter une télé catholique.pendant la crise nous avons eu droit aux messages manipulés. aider nous à acquérir le matériel et l’agrément.merci

    • muturo Says:

      Cher lecteur nous partageons votre point de vu et nous attendons vos contributions à la rédactaction du prochain article. Quelles sont les initiatives de votre Eglise locale pour lutter contre cette mandicité au nom de l’Evangile. Avez-vous indiviuellement des suggestions à nous faire.
      Merci

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